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title: Apprendre à nos clients à se passer de nous
description: On publie ce qu'on apprend et on forme des équipes qui pourraient
  un jour faire sans nous. On explique pourquoi, intérêts compris.
date: 2026-10-24T00:00:00.000Z
dateModified: 2026-10-24T00:00:00.000Z
author:
  name: Mathias Pieroni
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section: Opinion
canonical: https://sobercloud.fr/decouvertes/apprendre-a-nos-clients-a-se-passer-de-nous/
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# Apprendre à nos clients à se passer de nous

Ce carnet compte vingt articles techniques, tous écrits par Antoine depuis le mois de mai. On y trouve les commandes qu'on utilise pour lancer nos modèles, les réglages qu'on a gardés, ceux qu'on a jetés, et les débits mesurés machine par machine. Tout est en accès libre, sans compte, et un concurrent peut s'en servir demain matin pour monter la même chose que nous.

Le texte précédent se terminait sur une phrase qu'on a écrite un peu vite : il manque des gens formés. Celui-ci y revient, parce que c'est la partie du problème sur laquelle une petite entreprise peut agir tout de suite, sans attendre une commande ni une loi.

## Ce qu'on a appris, d'autres l'avaient publié

On a appris à faire tourner des modèles de langage en lisant ce que d'autres avaient mis en ligne : la documentation des moteurs libres, les articles de chercheurs qui donnaient leur code, et beaucoup de mesures publiées par des gens dont on ne connaît que le pseudonyme. Sans tout ça, notre machine sans carte graphique dédiée n'aurait jamais atteint les quelque 73 tokens par seconde qu'on a mesurés au printemps.

Le logiciel libre fonctionne de cette façon depuis les années 1980. On prend ce qui est publié, on l'améliore, puis on publie à son tour. Ce carnet est notre part de l'échange, et c'est la première raison pour laquelle il est public.

## Ce qu'une formation devrait apprendre

Une formation à l'IA qui apprend à se servir d'un produit, où cliquer et quelle formule taper, rend service la première semaine. Elle n'explique pas ce qui se passe quand on appuie sur le bouton. Elle ne dit pas non plus où part le document qu'on vient de coller, ni comment savoir si la réponse est juste. Et le jour où l'éditeur change son prix ou arrête son produit, la personne formée ne sait se servir que de celui-là.

Il vaudrait mieux apprendre ce qui reste vrai d'un outil à l'autre. Un modèle ouvert est un fichier, qu'on peut télécharger et faire tourner sur une machine posée sur un bureau. Un modèle écrit le texte le plus plausible, qui n'est pas toujours le plus juste, donc une réponse qui compte se vérifie. Sa taille décide de la machine qu'il lui faut et de ce qu'il coûte en électricité. Enfin, ce qu'on lui envoie part quelque part, et il faut savoir où et sous quelle loi.

Ces quatre choses ne changent pas quand on change de fournisseur, et ce sont elles qui permettent d'en choisir un. On les a mises au début de [nos formations](/services/formations-ia/), avant le premier exercice.

## Former des équipes qui pourraient partir

Aux équipes techniques, on montre comment télécharger un modèle ouvert et le faire tourner sur leur propre machine. Une fois qu'elles savent le faire, rien ne les empêche de continuer sans nous. On l'accepte, et on y a même intérêt.

Un client qui comprend ce qu'il achète demande la taille dont il a besoin, plutôt que la plus grosse par précaution. Or faire le même travail avec moins de machine, c'est notre métier depuis le premier jour. En mai, un modèle de 110 gigaoctets a refusé de démarrer sur notre machine, et celui qu'on a retenu quelques jours plus tard tenait dans 26. Un acheteur qui ne comprend pas ce qu'il achète prend le plus gros fournisseur, parce que c'est lui qui rassure. On a donc tout intérêt à ce que nos clients comprennent.

Il y a aussi une raison plus simple. Dans le texte précédent, on écrivait qu'on essaie de ne pas retenir nos clients. Former leurs équipes jusqu'au point où elles pourraient partir est la façon la plus directe de le montrer.

## Ceux qui décident sans être du métier

Former des techniciens est la partie facile, parce qu'ils ont envie d'apprendre et que le vocabulaire ne leur fait pas peur. C'est plus difficile avec ceux qui décident sans être du métier, la dirigeante d'une PME ou le secrétaire général d'une mairie. Ce sont eux qui signent, et on leur explique rarement ce qu'ils signent.

Pour eux, on a écrit [un lexique](/decouvertes/lexique-inference/) qui définit les mots de l'IA en langage clair, et une page qui explique ce qu'est un datacenter à quelqu'un qui n'en a jamais vu. On a rassemblé sur [une page du site](/transmettre/) l'ordre dans lequel lire ce carnet quand on débute. On vient aussi l'expliquer de vive voix quand une école ou une entreprise nous le demande.

Ça ne règle pas tout, puisque les commandes, l'autre moitié du problème, ne dépendent pas de nous. Mais là où beaucoup de gens savent ce qu'est un modèle et ce qu'il coûte, les acheteurs posent de meilleures questions, et les petits fournisseurs ont leur chance.

## Une question à poser

Pour ceux qui achètent une formation à l'IA, pour eux ou pour leurs équipes, on suggère une seule question à poser au formateur avant de signer : qu'est-ce que les stagiaires sauront encore faire le jour où l'outil changera, et qu'est-ce qu'ils pourront faire sans vous ? Elle se pose en une minute, et la réponse se vérifie à la fin de la formation. Si vous voulez nous la poser, écrivez-nous.

## Pour aller plus loin

- [Transmettre : ce qu'on publie et ce qu'on explique](/transmettre/)
- [Nos formations à l'IA](/services/formations-ia/)
- [Le lexique de l'inférence LLM, expliqué simplement](/decouvertes/lexique-inference/)
- [De qui dépend un cloud souverain](/decouvertes/de-qui-depend-un-cloud-souverain/)
- [La sobriété n'est pas de la décroissance](/decouvertes/sobriete-nest-pas-decroissance/)
- [La charte des valeurs SoberCloud](/RSE/charte-des-valeurs/)
